Qu'on le choisisse ou le subisse, le travail définit nos existences.

Parce qu'il nous offre une place dans la société, aide à dépasser nos propres limites, mais aussi fournit à chacun un salaire à même de subvenir à ses besoins. Pourtant, le travail semble de moins en moins aligné avec l'évolution de nos sociétés occidentales : phénomènes de burn out, de bore out, dénonciation des « jobs à la con », crainte d'être remplacé/e par un robot...
L'angoisse générée par le chômage et la retraite montre de plus que nous ne sommes pas prêts à éliminer dès aujourd'hui le travail de nos vies. Est-ce l'être humain qui déraille dans le système travail ?
Ou le travail qui peine à s'actualiser pour être en phase avec nos valeurs et/ou notre quête de sens ?

De quel « travail » parlons-nous ?

Le Collectif Travailler Moins (CTM) pointe du doigt la place trop centrale du « travail contraint » dans nos vies et nos identités. Pour nous, il correspond à toutes les activités réalisées dans le but premier de bénéficier d’un revenu, quel que soit le statut.
Il est facile de savoir si vous êtes concerné.e, en supprimant de l'équation le paramètre économique : sincèrement, continueriez–vous votre travail actuel si vous perceviez le même revenu sans condition d’activité ?
Ou autrement dit, feriez-vous votre métier gratuitement ?
Trois réponses possibles :
1/ Vous continueriez
2/ Vous ralentiriez
3/ Vous arrêteriez dès à présent.
Dans une société où chacun.e aurait l'impression d'exercer l’activité de ses rêves, la réponse 1 tomberait sous le sens.
Malheureusement, dans la société actuelle, peu de personnes peuvent se déclarer libérées de l’emprise économique du travail.

La “valeur travail” s’est imposée depuis 250 ans.

Il y a quelques siècles, le travail comme contrainte était soit réservé aux esclaves, soit réservé aux pauvres (c’est à dire beaucoup de monde en fait), tandis que les élites profitaient du temps libre pour réfléchir, s’amuser, et organiser la société.
Puis la révolution industrielle et le libéralisme économique sont entrés en jeu. Ces notions ont réussi à imposer l’idée que la création de valeur résultait uniquement du travail, et avec le postulat que la richesse économique était la seule richesse possible.
Ainsi, depuis 250 ans, « le temps, c’est de l’argent » et, dans un système où le temps semble s'accélérer, le travail conditionne ni plus ni moins notre survie : l’emploi combine à lui seul source de revenu, reconnaissance et utilité sociale. Un casse-tête pour les millions de personnes au chômage de courte et de longue durée. Un comble pour tous les salariés qui se sentent piégés dans des boulots inutiles, popularisés dans les pays anglo-saxons sous le terme « bullshit jobs ».

Quasiment 100 ans qu’on bosse autant.

Historiquement, le progrès technique et les mouvements sociaux ont conduit à une réduction progressive du temps de travail, réglementée par l’État. Ainsi en France, nous sommes passés de 48 heures par semaine en 1919, à 40 heures en 1936, puis 39 heures en 1982 et enfin 35 heures en 2000. Dans les faits, beaucoup de personnes passent plus de 40 heures par semaine sur leur lieu de travail, notamment les cadres et les indépendants.

Or, la production de richesse n'a jamais été aussi importante qu’aujourd’hui ! On aurait pu s’attendre à ce que le progrès technologique et l’augmentation de la productivité fassent baisser le nombre d'heures passées au bureau.
Mais les dirigeants des entreprises ont choisi d'utiliser cette technologie pour augmenter leurs bénéfices plutôt que la qualité de vie de leurs employés, et c'est pourquoi maintenant, elles sont contraintes de dépenser des milliards dans le bien être au travail pour lutter contre les risques psycho-sociaux et la souffrance au travail.

Remettre en question notre rapport au travail.

Le sujet est peu porté par les politiques et les syndicats qui se focalisent sur le pouvoir d’achat et l’accès à l’emploi, plutôt que sur la qualité de vie et l’accès à l’épanouissement individuel.
Arrêtons de nous présenter avec le prisme de notre situation professionnelle : nous ne sommes pas un travail ! N’ayons pas peur d’en discuter avec nos proches, de porter ce message dans nos entreprises, de défendre un droit au temps partiel, d’assumer notre volonté de vivre mieux et d’être plus libres.

Le collectif, c’est qui ?

Le CTM, c’est vous.
C’est tous ceux et celles qui s’attachent à décentrer la place qu’occupe le travail dans leurs vies.
C’est au départ Ludo, Loïc, Yohann, et Matthieu, à Nantes, qui s’indignent face à cette société qui fait passer l'employabilité devant la qualité de vie de ses citoyens.
C’est demain toutes les personnes qui comprennent que le temps n’a pas de prix, et qui décident de revoir leur rapport à la vie et au monde. Ce mouvement se veut comme une porte d'entrée vers le détravail et un regain de liberté.

TRAVAILLER MOINS...POUR QUOI FAIRE ?

Le Collectif Travailler Moins porte huit grands enjeux relatifs au travail, qui, à notre sens, sont ignorés par les politiques et les syndicats, et par conséquent trop peu visibles dans les médias.

travailler moins travailler tous s'engager plus travailler mieux gagner moins travailler plus jardiner et vivre mieux polluer imaginer demain